Let’s talk career : le grand saut

carrière professionnelle

Mon cheminement professionnel loin d’être facile a plutôt été semé d’embûches. Sortie d’une école de commerce, j’étais pleine d’assurance et de certitudes quant à ma capacité à trouver très rapidement un emploi à la hauteur de mes qualifications et attentes professionnelles. J’étais emplis de confiance et d’ambition, une stratégie de vie et de carrière tracées sur 10 ans en avant me faisaient face et rien ni personne ne pouvait remettre en cause ce que j’avais résolu. J’avais prévu d’embrasser une carrière brillante en agence, de gravir les échelons à raison de 2 ans 1/2 à chaque postes, de me forger un carnet d’adresse solide et 10 ans après me lancer. Tout était calculé, jusqu’à mon accession à la propriété à 30 ans et l’écart entre chacune de mes grossesses, le tout avec  Lean In et Conseils avisés pour femmes ambitieuses comme livres de chevet, c’est pour dire !

Alors quand cette route a pris des détours imprévus : stages comme seules perspectives même après l’obtention de mon diplôme, jobs intéressants mais très très peu rémunérés, bénévolat, chômage, rejet de candidatures, contrats écourtés… j’ai eu le sentiment de perdre pied.

N’étais-je pas assez bien ? Que me manquait-il ? Était-ce bien la voie qui m’était réservée ? Qu’est-ce qui clochait en moi ? J’ai vécu cette période comme une réelle épreuve. Tout en moi s’en est trouvé bouleversé : ma foi, ma confiance en moi, ma capacité à me projeter. J’avais tant investis dans ce projet, toute ma personne…pour rien ou en tout cas pas ce que j’espérais.

Pas tout à fait prête à m’ouvrir à autre chose, je me suis dit : « si l’on ne veut pas de moi, je vais créer mon propre job ! ». C’est parti d’un sentiment de lassitude et de rejet, certes, mais c’est bien sur ce « turning point » que j’ai décidé de me lancer.

J’ai toujours su que je souhaitais entreprendre et qu’un jour certain je sauterai le pas. En école de commerce déjà j’avais choisi un cursus entrepreunarial dédié aux élèves se destinant à créer ou reprendre une entreprise. Pendant un an, tous les matins, dans nos bureaux hébergés par notre école je gérais avec 3 autres de mes camarades de promo la junior-entreprise. En vrais petits entrepreneurs, nous démarchions des clients dont la plupart furent des grands comptes côtés en bourse, nous rencontrions les directeurs marketing afin de leurs proposer nos services en études marketing quantitatives et qualitatives. Nous formions, motivions et rémunérions une équipe d’enquêteurs, rédigions les rapports d’études, gérions la partie juridique de nos contrats, encaissions des chèques à quatre 0 !… tout, absolument tout. Cette expérience ultra formatrice m’a conforté dans l’idée qu’un jour ou l’autre je me lancerai, mais peut-être pas tout de suite.

En 2012 je me suis donc jetée à l’eau en proposant mes services en relations presse et publiques.

Ce fut tellement dur d’abandonner ! J’avais l’impression de lâcher une chose que j’avais tenu et serré contre moi pendant tant d’années, à un point où tout en moi avait gardé l’empreinte de cette étreinte. Lâcher c’était perdre l’équilibre, abandonner un plan que je pensais sécurisant pour un inconnu plus qu’incertain. Je ne me suis jamais autant battu contre des circonstances qu’à cette étape de ma vie.

Au fur et à mesure que l’idée de renoncer émergeait, les perspectives de ce recalibrage et ses possibilités se dévoilaient à moi. C’est comme si à la seconde où j’ai décidé de m’ouvrir à ce que je considérais être une voie de secours, les portes se sont entrouvertes, les projets sont arrivés. Ce qui n’avait pas de sens en a subitement trouvé. J’ai commencé à me sentir bien dans cette nouvelle vie faite sur mesure. Les choses se mettent petit à petit en place, je n’en suis qu’au début mais j’aime la tournure qu’elles prennent, je m’y retrouve… At last !

Au milieu de toutes les questions, de ces luttes et désespérances j’ai appris certaines leçons :
* Les plans sont des plans et la vie est la vie
Nos plans ne sont que des plans, la vie en décide souvent autrement mais pour notre bien. On passe une éternité à rêver de situations idéales, tout en oubliant que note marge de manoeuvre et de contrôle est limitée voire quasi inexistante. Leur réajustement ou même leur remplacement ne signifie pas que l’on perd sa route mais plutôt que l’on sait s’adapter à ce que la vie nous propose; De toutes les saisons de la vie, bonne ou moins bonne, l’adaptation est l’assurance que l’on s’offre de pouvoir rebondir et en quelque sorte surfer sur les circonstances plutôt que de se laisser submerger par elles.
* Notre valeur est déterminée par ce que nous sommes, non ce que nous pensons avoir ou représenter
Notre essence ne se mesure pas à ce que l’on a ou pensons représenter mais bien à ce que l’on est. A trop se focaliser sur un objectif, on finit par confondre l’objectif et notre propre personne et l’on devient un projet déshumanisé conduit par la seule force de l’ambition et parfois de l’obsession. On en arrive à vivre et respirer pour un idéal tout en s’oubliant en chemin. Quand l’échec arrive, cela n’est plus simplement la non réalisation d’une attente mais le crash de toute une vie ! Distançons nous de nos rêves, même s’ils représentent une part de nous, ils ne nous définissent pas. Nous sommes plus qu’un plan, j’étais plus qu’un plan.
* Believe, baby, believe
Il y a de la puissance dans le fait de croire. Croire que tout concourt à notre bien, croire qu’aucune situation n’a le pouvoir de nous briser, croire que demain apportera son lot d’opportunités, de good news et good energy. Alors croyons que quelque soit les traits que ce « bien » peut prendre il sera bon et parfaitement taillé pour nous. C’est un vrai challenge pour moi, tant pendant cette période je me suis plongée dans un système de pensées négatif mais je m’y remets et j’avoue que la gratitude aide réellement à se souvenir des exploits d’hier et donne la force de croire pour demain.
* Lâcher prise
Savoir lâcher prise et se rendre compte quand passer à autre chose. C’est peut-être la partie la plus difficile, mais il est important de savoir quand mettre en place son plan de repli et avancer.
* Et savoir discerner quand investir dans l’un ou l’autre (persévérance ou lâcher prise telle est la question)
Persévérer ou avancer et surtout savoir discerner quand actionner l’un ou l’autre. Mais j’ai bien envie d’ajouter que les deux ensembles sont possible. Il y a un niveau de foi et d’assurance qui nous permettent de persévérer, de faire notre part tout en étant assez confiant pour laisser la vie faire le reste. J’y travaille.
>> Let’s Talk !
Comment avez-vous vécu votre entrée dans le monde du travail ? Ce que vous y avez trouvé (comme job, opportunité de carrière), correspondait-il à ce que vous désiriez ? Si non, comment avez-vous rebondis ?

12 Small Talks sur Let’s talk career : le grand saut

  1. Marie
    14 septembre 2016 at 14 h 49 min (3 années ago)

    Très encourageant comme article! Comme quoi il ne faut jamais perdre espoir… J’espère pouvoir être à mon compte un jour 😉

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    • Sarah
      15 septembre 2016 at 14 h 59 min (3 années ago)

      C’est tout le bien que je te souhaite. Belle journée à toi !

      Répondre
  2. Marine
    16 mars 2016 at 14 h 36 min (4 années ago)

    Je me retrouve totalement dans ton témoignage, ces milliers de questions sur ma « voie », sur le lâcher prise. Merci ! :-)

    Répondre
    • Sarah
      17 mars 2016 at 11 h 06 min (4 années ago)

      Merci à toi Marine pour ton passage et ton retour ! Belle journée !

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  3. Esther
    3 décembre 2015 at 15 h 51 min (4 années ago)

    Un article vraiment top ! Merci d’avoir partagé ton histoire de career girl Sarah ! Sans parler des superbes conseils

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    • Sarah
      7 décembre 2015 at 20 h 19 min (4 années ago)

      Merci Esther! Pour tes mots et ton passage sur le blog ! Reviens quand tu veux !

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  4. Ludivine
    15 septembre 2014 at 15 h 07 min (5 années ago)

    Je suis à mon compte aussi et c’est vrai que c’est une belle aventure ! Bon courage pour la suite ! :-)

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    • Sarah
      15 septembre 2014 at 21 h 10 min (5 années ago)

      Bonsoir Ludivine ! Merci pour ce message d’encouragement ! Je serai curieuse de savoir dans quoi tu t’es lancée ! Les choses évoluent actuellement dans ma vie professionnelle mais il est clair que l’esprit d’entreprise n’est pas prêt de me quitter ! A très vite !

      Répondre
      • Ludivine
        16 septembre 2014 at 9 h 30 min (5 années ago)

        Je suis décoratrice d’intérieur et d’évènement !

        Répondre
        • Sarah
          21 septembre 2014 at 14 h 43 min (5 années ago)

          Génial !

          Répondre
  5. Hélène Bonhomme
    30 juillet 2014 at 12 h 26 min (5 années ago)

    Bravo pour ton courage, ta patience et ta persévérance ! Et merci pour cet article qui motive à toujours y croire ! #believebabybelieve :)
    « Osez vivre votre rêve, sinon quelqu’un d’autre vous embauchera pour accomplir le sien »…

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    • Sarah
      30 juillet 2014 at 23 h 01 min (5 années ago)

      Merci Hélène pour ton commentaire qui en retour m’encourage également ! Grosses bises !!!

      Répondre

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