LET’S TALK WITH…Manda from Das Ist Manda Blog #1

Manda Saaj

En ce mois d’Août, le blog inaugure un nouveau volet, une série d’interviews baptisées « Let’s Talk With… » qui vise à rencontrer des personnes aux parcours intéressants voire singuliers au regard de leurs convictions, carrières, prises de positions…

Cette première série débute avec l’interview d’Amanda a.k.a. Manda Saaj, une jeune journaliste (notamment pour le webzine Afrosomething) et blogueuse pour sa propre paroisse, j’ai nommé le blog Das Ist Manda (souvenez-vous je vous parlais il y a quelque temps du texte que j’avais rédigé pour son blog ici ), savant mélange entre franc parler, convictions, inspirations et découvertes en tous genres. Cette interview a donné lieu à une rencontre mais surtout à un échange sincère et bouleversant autour de thèmes tels que  la capacité à marcher à contre courant, la capacité à transcender sa condition, savoir honorer sa personnalité, la foi et bien d’autres choses. Trève de blablas, j’en ai déjà trop dit, voici l’interview !

*Si tu devais te présenter tu dirais…

Je dirais que je suis créative, originale, passionnée, motivée

*Quand et pourquoi as-tu créé ton blog Das Ist Manda ? 

J’avais déjà un blog que j’avais créé en 2008 mais je l’ai fermé et j’ai débuté celui-ci en 2012, le 6 janvier 2012 j’ai publié mon premier article. Pourquoi en fait, parceque j’étais dans une période de transition, je venais de terminer un boulot assez chaotique et je me suis dit que j’allais continuer dans le journalisme mais qu’il fallait que j’écrive quelque chose, que je ne sois pas simplement une journaliste comme ça. Je l’ai fait, j’ai commencé à écrire et c’est comme ça que je me suis lancée. Il a eu 1 an en janvier 2013.

*Pourquoi Das Ist Manda ? pourquoi un nom allemand ?

Par ce que cela coïncidait avec un voyage en Allemagne en février 2012 pour une longue période. Et je me suis dit Das Ist Manda, cela sonne bien ? et j’aime l’allemand.

*C’est quoi l’univers Das Ist Manda ? Si tu devais le résumer en 3 mots, tu dirais …

Divers, Franc, pas de langue de bois. Je dirai que c’est pour tout le monde,  c’est accessible.

*Quels sont les thèmes que tu souhaitais y aborder ?

Je n’avais pas d’idées. A la base je devais ouvrir ce blog avec une copine journaliste, car je n’avais pas envie de me mouiller.  Et finalement cette amie m’a appelé pour me dire qu’elle n’allait pas le faire. Et puis j’en ai parlé à une autre amie qui m’a vivement conseillé de le faire toute seule. Je n’avais pas le cran, parce que j’avais déjà lancé un premier blog qui n’avait pas fonctionné. Alors j’ai pris quelques semaines de réflexion et je me suis lancée. Je n’ai pas eu d’audience tout de suite. J’ai eu des amis qui y sont allés. J’ai écrit un premier article où j’ai été franche et je me suis rendue compte que des gens se bousculaient pour aller regarder. Je me suis dit que finalement j’étais intéressante toute seule. Je me sens mieux toute seule. Je n’ai donc pas réitéré ma demande auprès de mon amie journaliste.

Concernant les thèmes, à la base je ne voulais parler que de culture, de films et de documentaires, car c’est mon domaine et de tout ce qui portait sur les spectacles, mais cela a vite changé. Il y avait aussi de la photo… Je suis allée en Allemagne et de là j’ai commencé à écrire des points de vue, des remarques sur des périodes que je traversais. Au début j’ai eu des remarques négatives, on m’a reproché de parler de ma vie. Mais je ne m’en suis pas soucié. J’ai décidé d’écrire sur tout, sur Obama, sur tout sans limitations.

*À quel moment t’es-tu rendue compte que ton blog avait une audience régulière ? Quelle a été ta réaction face à l’engouement que ton blog suscite ?

Vers mars 2012, j’ai vu qu’il y avait du monde qui commençait à visiter le blog. Et franchement j’ai eu peur ! Par ce que je me suis dit qu’il y avait autant de gens qui pouvaient apprécier que de gens qui pouvaient ne pas apprécier. Autant cela pouvait toucher des personnes et autant cela pouvait me desservir dans ma profession. J’ai eu peur, au début. Je me suis un peu freinée, avec le temps je me suis dit « je m’en fiche », je ne me cache plus. Mais avant c’était horrible ! J’étais contente, mais j’ai eu peur.

*Tu soulève un point et la question que j’ai envie de te poser est : est-ce qu’être écoutée, le fait d’avoir une voix qui sort du lot, donne une responsabilité ?

Oui ! c’est clair. Dans le sens où demain je n’aimerai pas que des gens se lèvent pour aller tuer des pandas par ce qu’ils disent l’avoir lu sur mon blog ! (rires) Oui, parce que je connais l’influence des médias, je sais comme cela peut changer les gens. Mais après je me suis dit, ok, je ne raconte pas des conneries, je dis des choses vraies qui sont peut-être déjà pensées par des millions de gens sans que cela soit relayé. La confiance est venue avec le temps.

*La recette du succès pour un blog cela serait quoi ? Le parler franc / Le non-langue de bois ?

La recette c’est d’être soi même. Il faut être honnête. Il y a des sujets que je maîtrise pas et pour ceux la je précise que je ne suis pas experte. Il y a des blogs que je lis où l’on voit que c’est un copier-coller de choses lues ailleurs, alors oui c’est très bien écrit mais on ne perçoit pas la personnalité de la personne. Et je pense que c’est plus ça, être soi, c’est ce qui rend les choses originales.

*Ton blog est très ouvert, on y trouve des billets sur l’actualité du moment, la politique, les séries TV et même la mode mais en grande majorité des posts portant sur ta foi. Racontes-nous comment t’es venue l’idée de faire de ton blog un patchwork aussi coloré. 

Quand on écrit et que l’on donne son avis on est obligé de parler de soi. Je ne peux pas parler de souffrances, d’appréhension ou encourager à ne pas déprimer sans mentionner que je suis passée par là. Cela resterait théorique. La vérité est que je suis passée par ça et par ça et que donc j’ai constaté que la joie du Seigneur est ma force. Je pense que quand tu commences à parler de toi et que tu dis que tu as passé une mauvaise journée, parce que tout ne va pas forcément bien, les gens le ressentent. C’est une réciprocité. Quand tu lis des personnes qui ont vécu la même chose que toi tu te sens plus enclins à les lire, les consulter et tu te dis ok comment il ou elle a fait pour s’en sortir, moi je cherche des solutions dans le domaine. En fait, tu donnes à quelqu’un qui te donne aussi, parce que quand je parle de mes histoires et que j’entend que cela touche certaines personnes, cela me pousse encore à écrire sur certains sujets. On m’a reproché dans mon entourage de trop parler de ma vie, mais je me suis dit que si ce que j’écris peut libérer quelqu’un qui se trouve aux Etats-Unis, c’est tout ce qui compte. Et en même temps cela me libère.

*Ecrire est-il thérapeutique ?

Oui oui ! J’ai mon temps d’écriture, souvent tard le soir, un moment où je remets en question ma journée, où je réfléchis à ce qui se passe dans ma vie… ça me libère. Quand j’écris je me libère et n’y penses plus. C’est d’autant plus thérapeutique que quand je me relis, ça me fait du bien. C’est bizarre ! Je me dis «Ah ouais je suis passé par là ? Et c’est moi qui l’ai écrit !». Je ne suis pas le genre de personne qui se dit «on ne parle pas de ça ici». Si ça ne va pas, ça ne va pas !

*Où trouves-tu ton inspiration ?

Je suis une geek. Je lis beaucoup les autres, la presse, je regarde beaucoup la TV… je ne sais pas, je cherche en fait. Quand tout le monde parlera du dernier single sortit je ferai tout pour parler d’autres choses. Je ne serai jamais mainstream. Car en tant que première lectrice de mon blog, cela ne m’intéresse pas de lire quelque chose que l’on peut trouver ailleurs. L’inspiration me vient en allant sur le net, en regardant la télévision, en parlant avec les gens en écoutant la prédication du dimanche, en regardant une série, en écoutant de la musique… partout.

*On sent un besoin vivace de parler de ta marche avec Christ, de ta foi, de ce qui t’habite. Parle nous de ta rencontre avec Lui 

Tout le monde a une histoire extraordinaire, moi, c’était pas du tout comme ça. On va dire que c’était une contrainte pour moi. J’étais une fille d’église et j’avais l’impression de ne pas vivre ma vie. Je passais mon samedi à l’église, et cela m’énervait parceque toutes mes copines sortaient. Je ne comprenais pas que les gens deviennent des clones en devenant chrétien. Jusqu’à 21 ans cela a été une contrainte. Et depuis là, je pense que Dieu a fait les choses de manière atypique pour moi, car je pense qu’il savait que je ne voulais pas ce que tout le monde voulait, des choses communes. Et je me rends compte qu’avec le temps je n’ai pas perdu ma personnalité, elle s’est accrue. Je suis moi même. Je me suis battue contre cette idée de devenir un clone parceque je ne voulais pas devenir un clone, car je trouve qu’être chrétienne est une liberté, alors qu’avant je le concevais comme un emprisonnement. Je ne vois pas Dieu comme un régulateur de tout, et j’aime me dire qu’il est beaucoup plus libre que moi, car pour me concéder mon libre arbitre, c’est qu’il n’a lui même pas de limites. Mais on est dans des milieux où les gens ont des limites du genre «tu ne peux pas faire ça», «tu ne pas faire ci» … Avec le temps je pense que la maturité est venue et j’arrive à me dire que je suis une chrétienne, que je suis moderne et que je n’ai pas honte de l’être. Je trouve que les gens ont honte de dire qu’ils sont moderne, comme s’il fallait être sceptique de tout, d’internet, des vêtements … Et je ne veux pas ça.

*Penses-tu que c’est cette liberté que tu as trouvé en Christ qui t’a permis d’être aussi libre dans ton blog et dans ta personnalité ?

Oui, grâce à ma mère et à mon pasteur. Ma mère comprenait que je ne souhaitais pas me conformer et elle m’a poussé à être différente. Dieu et mon pasteur, qui m’a laissé le temps de me trouver, qui ne m’a jamais jugé. Le fait aussi que j’avais beaucoup d’amis à l’église qui m’encourageaient mais aussi en  dehors l’église. J’ai choisi de faire les choses pour que cela n’entrave pas ma personnalité. J’ai pas envie de me tenir devant mon Dieu et de me dire que je suis comme X et X. Non ! C’est libérateur.

*Tu parles très librement et sans détours de tes luttes, faiblesses, victoires, interrogations. Que souhaites-tu communiquer à ton lectorat ?

Dernièrement, j’ai décidé de faire autrement. J’avais une approche plus personnelle à mes débuts. Je continue à le faire mais d’une façon complètement différente. Je souhaite que par mon point de vue et ma vision des choses, les lecteurs puissent y trouver une autre perpective. En fait, je continues à me poser des questions, parler de mes faiblesses et de mes victoires mais de façon plus subtile !

*À ton sens qu’est ce qu’un témoignage vivant ?

Un témoignage vivant ? Je crois qu’un témoignage vivant ne se casse pas la tête à être un témoignage vivant. Les gens aiment raconter des histoires et surtout des mensonges sur leur façon de vivre, d’aimer Dieu et de faire du bien aux autres alors qu’au fond rien n’est vraiment vrai ! Il faut continuer à vivre et être soi-même !

*À-t-il été facile pour toi de te livrer sur le net à des milliers d’inconnus ?

Non, j’ai beaucoup réfléchi à la ligne éditoriale même après une année et demi, je bataille encore. J’ai besoin de parler de moi, c’est viscéral. Je ne peux pas écrire et ne pas être passionnée par ce que j’écris. En somme, c’est une obligation. J’essaie de ne pas en parler des masses et m’inventer une vie. Les anecdotes sont vraies et parfois douloureuses la plupart du temps mais nous sommes des humains et ne pas parler de soi est juste impossible. Il faut juste faire attention que cela devienne pas une liste de mes histoires d’enfance. Les gens s’en foutent. Ils veulent juste savoir que s’il m’est possible de m’en sortir alors c’est possible pour tout le monde ! Cependant, ce n’est pas du tout fastoche, se mettre à nu n’est pas fastoche, parfois on caille !!!

*Penses-tu que les plateformes de blogging donnent davantage de possibilité d’expression qu’un autre support ?

Plus maintenant bizarrement. Je suis devenue assez sévère face à toutes ces choses. Parfois, je me demande si ce sera encore viable. En tant que journaliste, je vois l’intérêt parce que je m’efforce d’ offrir du contenu de qualité (je me la pète un peu !) mais sérieusement il y en a beaucoup qui devrait arrêter de le faire. Puis je ne suis pas une blogueuse de mode mais surtout une critiqueuse des médias donc je me sens concernée par cette surenchère.

*Penses-tu qu’un blog abordant de tels sujets (foi, luttes, parcours spirituel…) puisse devenir un vecteur de communication pour la cause de Christ ? Un outil d’évangélisation 2.0, ou encore une nouvelle manière de témoigner ?

Sincèrement, je n’ai pas vraiment d’avis là dessus parce que je ne me qualifies pas de blogueuse chrétienne mais de chrétienne tout court. C’est en moi et ça fait partie de moi ! Il y a des gens qui savent très bien en parler et c’est bien ! Mais beaucoup en parle très mal aussi et je crois que cela fait fuir du beau monde. Je crois qu’il faut manipuler toutes ces choses avec prudence parce que cela peut faire fuir. En tant que chrétienne, j’ai encore beaucoup de mal avec certains discours, alors imaginez un athée ou un musulman ! Certains sont justes trop amateurs à mon goût, il y a de l’offre mais pas vraiment structurée, dommage ! Il y a un vrai besoin francophone. Les anglophones sont moins décomplexés et plus ouverts, en France, c’est trop accusateur et parfois peu fédérateur ! C’est pas une nouvelle !

*Etant journaliste de formation, n’est-ce pas difficile pour une professionnelle des médias d’utiliser un support aussi personnel et impersonnel que peut être le blog pour parler de sujets tels que sa foi ?

Oui cela a été dur. Le premier article qui est sorti du lot était celui qui portait sur l’homosexualité. Je ne voulais pas le publier au début. J’ai eu peur, vraiment, car je donnais vraiment mon avis. Pour une fois je me suis dit si je le fais c’est autant qu’en tant que journaliste et qu’en tant que personne je n’aurai plus peur de rien je pourrai parler de tout ce que je veux. Je l’ai publié et à partir de là, je me suis dit plus de limites. Je parle de ce qui m’arrive. Si je tombe, déçois le Seigneur, je ne vois pas pourquoi je ne devrais pas en parler car ce sont des choses qui arrivent à tout le monde.

*Le monde des média français est assez aseptisé. As-tu été freiné à cause de ton témoignage ouvert de ta foi ou certaines de tes prises de positions, je pense à ton article « I’m not Pride » traitant de ton positionnement contre le mariage pour tous, positionnement plus qu’impopulaire à l’heure actuelle. Si oui, comment as-tu géré la situation ?

Etudiante, j’ai toujours ouvertement parlé du fait que je ne suis pas pour telle ou telle chose. A un moment j’ai voulu quitter la France pour des pays où la liberté d’expression est plus grande comme l’Allemagne ou l’Angleterre, où l’on ne m’aurait pas catégorisé en tant que blogueuse et journaliste chrétienne à cause de mes articles portant sur ma foi. Mais j’ai refusé cette option, je me suis dit «justement pourquoi faire facile quand je peux faire difficile ? ». Dans le sens où en France il n’existe pas encore ce type de blogs. Je lis beaucoup de blogs et j’ai des amies blogueuses américaines qui parlent librement de Christ, de relations, de mode et elles ne sont pas du tout classifiées. Et je suis l’une des seules qui parle de tout, mon identité Chrétienne se ressent dans mes écrits. Et je sors, je vais au cinéma, je fais les mêmes choses que tout le monde. Mais la France c’est aussi ça. Peut-être que si je postulais chez Canal +, à la lecture de mon blog on me dirait «non non non, t’auras pas de boulot, par ce que nous sommes laïques».

Maintenant je prends le risque d’être ce que je suis, d’écrire ce que je veux et si la société ne crée pas de travail pour moi, je sais que Dieu en créera un pour moi, donc je m’en fiche. La vérité c’est ce que c’est dur, car je n’ose même pas parfois mettre mon blog sur mon CV. Mais je m’en fiche, les médias français sont les mêmes de la première à la millième chaîne, point ! Si tu commences à penser comme le commun des mortels, tu perds en terme de personnalité.

*En quoi ton identité de chrétienne a impacté ou pas sur tes écrits

Car je peux commencer très négativement en relatant un évènement de ma vie, mais je me sens obligé de terminer positivement. Dans le sens où je me dis ok, il y a l’air de ne pas avoir de solutions dans l’immédiat, mais moi je la connais cette solution, car Il est la solution. Il y a toujours une idée de changement, donc je ne peux pas finir négativement c’est pas possible. Les articles qui se termineront négativement seront de natures politiques, artistiques ou autres. Mais mes articles spirituels resteront positifs, car je sais que dans son amour infini, il a une solution pour moi.

*Tes écrits sont donc porteurs d’espoirs ?

Oui ! car même si ma situation ne change pas à un instant T, je me sens dans l’obligation de dire qu’il y a une once d’espoirs. Et même en écrivant je sens que j’ai changé parceque je me rends compte que même si la situation paraît inchangée, je sais au fond de moi, qu’il fera quelque chose pour moi, ou pour les gens qui vont le lire. On est obligé d’être positifs.

*Peut-on dire que tu es une blogueuse engagée ?

(rires) Je ne dirai pas cela, par nature oui, par mes valeurs et par le fait que je donne mon avis.

*Blogueuse chrétienne ?

Non. Car le problème en France est la classification dans des cases. Je ne rejette pas cette identité mais je la trouve cloisonnante. Je veux que tout le monde puisse se retrouver dans mes écrits. Car tout le monde souffre, vit, cela n’est pas le monopole des chrétiens.

*Ton ouverture d’esprit est un rafraîchissement lorsque l’on lit ton blog. On y découvre des artistes émergeant tels que Je’kob, Mirella & Kanto, la super inspirante et créative vidéo G.O.S.P.E.L., un peu du pays du Bretzel, en passant par des pièces de théâtre et bien d’autres choses. Est ce un objectif pour toi d’apporter une certaine ouverture à tes lecteurs ? 

C’est clair. je suis quelqu’un qui s’ennuie vite, je n’aime pas ce que tout le monde aime. J’ai besoin de chercher des choses. J’ai pu interviewé Je’kob une des personnes qui fait de la musique superbe dont personne ne parle. Aujourd’hui, quand on dit Gospel on pense automatiquement à Kirk Franklin, cela m’ennuie. On peut passer à autre chose. Et pourtant quand j’ai pour la première fois écouté Je’kob, je ne savais pas qu’il était chrétien, c’était tellement bien fait, et en écoutant es paroles et en discutant avec lui, j’ai appris qu’il est chrétien. Pourtant il a pris le parti d’être chrétien, c’est son essence, mais de parler de plein d’autres choses. J’aime fouiller sur internet et découvrir de nouvelles choses tel que Mali Music.  Et tu te dis, c’est dommage que des artistes comme ceux là ne soient pas connus. C’est le complexe du français et c’est pour ça que j’ai du mal avec la musique francophone qui n’est qu’un complexe de la musique américaine. Bizarrement, les artistes français ont également ce complexe.

Moi je crois que Dieu a créé toutes choses et que cela n’est pas interdit de parler de relations interpersonnelles, de parler dans une chanson de choses vécues. Si j’avais été une bonne chanteuse, pleins d’articles de mon blog m’aurait permis d’écrire des chansons. Et je pense que c’est ce genre de choses qui font  que nous sommes en retard, parce qu’on met des gens dans des boîtes et on les immobilise. Et dans le milieu chrétien c’est pareil, t’es dans une boîte et tu reste là. Quand je rencontre ces gens (tel que Je’Kob), on discute. Et au premier abord ce sont des gens tout à fait normaux et puis après on parle de spiritualité. La France veut te faire croire que comme tu es chrétien, tout va bien. C’est faux ! Combien de chrétiens sont au chômage, combien de chrétiens ont des problèmes conjugaux, combien sont divorcés … Il ne veulent pas accepter qu’on est mortel, que si demain tu tombes la douleur sera la même pour un chrétien comme pour un non chrétien. Nous avons juste eu le privilège d’avoir un Dieu qui a eu pitié de nous et qui a donné son fils pour nous. C’est tout. On est pas mieux que n’importe qui dans la rue. J’ai l’impression qu’on est entouré de super héros et c’est faux. On crée une communauté et c’est horrible. Ce genre d’artiste tel que Je’Kob parle de Christ des fois, des fois de sa vie, mais on sent qu’il est habité d’un message, et c’est génial. Ce que je veux faire transparaître quand j’écoute des artistes c’est que musicalement, spirituellement et humainement ils sont bons.

*Culture et chrétienté s’opposent-ils selon toi ?

C’est bizarre, parce que je pense qu’un sportif chrétien continuera à parler de sport. Un sportif n’arrêtera pas de parler de sport ou d’ aller à un match de foot sous prétexte qu’il est chrétien. La culture pour moi fait partie de moi et de ma profession. Je pense que la spiritualité c’est ce qui est en moi. Il y a un équilibre à faire entre ma maturité intellectuelle et spirituelle. Tout va ensemble. Et il serait triste que spirituellement j’avance plus vite qu’intellectuellement. Cela serait dommage. Pour moi la culture et la spiritualité, ça se recoupe. Quand je partage une expérience culturelle, je parle du dernier film que j’ai vu et de l’effet que cela m’a fait, ou encore d’une photo et de l’effet que cela m’a fait. C’est avec mes yeux d’Amanda et dans Amanda on compte la chrétienne, moi, mon mental, la journaliste, la soeur, l’amie, la fille, cela coïncide. Cela ne s’opposent donc pas.

*Penses-tu que les chrétiens, qui constituent une part de ton audience, ont besoin d’ouverture ?

Moi je crois que oui. Oui bien sûr. Beaucoup veulent rester fermé, mais c’est simple quand c’est fermé il y a déjà du péché alors cela n’est pas en s’ouvrant davantage que cela va être pire.

Mon audience se manifeste davantage dans les pays anglosaxons, dernièrement les pays arabes, l’Egypte en particulier, les Etats-Unis restent ma plus grande audience. Mais la France se rattrape ces derniers temps. J’ai pris le parti de ne pas écrire en anglais, car l’offre aux Etats-Unis est très développée. Je souhaitais que mon blog soit francophone.

*C’est une écriture très missionnaire. Tu t’es dit « je vais écrire pour servir la francophonie » ?

(rires) Oui, je pense que l’on perd beaucoup de gens. Et c’est là où les musulmans sont bons parce qu’ils se sont mis un peu partout en France, et les chrétiens non. Nous non. On préfère rester entre nous ! Là où d’autre ont compris comme aux Etats-Unis, qu’il est important d’être un peu partout dans la politique, dans la culture …

*Crois-tu qu’il y ait une place pour les chrétiens dans le paysage médiatique français ?  Comment selon toi ?

Oui, il faut y aller. Quand j’ai écris ce blog mon objectif était plus grand que ça. Il ne s’agissait pas d’écrire un blog, pour écrire un blog. On a une place dans les médias mais on ne la prend pas. Les grandes choses commencent par les petites. Pourquoi pas un jour une chaîne, un magazine. Je suis jeune, j’ai le temps.

*Serait-ce uniquement pour les chrétiens ? 

Non, parce que quand je vais dans un kiosque je veux pouvoir prendre Glamour et un magazine chrétien, je regarde TF1 et M6. C’est possible. Arrêtons de nous cloisonner. L’argent n’est pas un problème. C’est un problème de courage, car tu seras mal vu, mal regardé. Ce ne sont même pas les gens du monde qui te regarderont, mais ce sont les chrétiens surtout : « Qui lira ça », « on peut parler de ça …. ».  

Depuis que j’ai 15 ans j’achète des magazines Glamour, quand je lis les témoignages, il y en a des supers et des nuls. Il y a des rubriques sexo qui te donnent des conseils sur comment faire ci ou ça. Il y a des choses qui ne sont pas bonnes pour des  filles de 15/16 ans, et je me dis qu’il y a un moyen tout en gardant le côté design et propre du magazine, d’avancer un message non destructeur, c’est possible. Moi je vois toutes mes cousines et des chrétiennes courir pour acheter le dernier Glamour ! Il y a une part de marché ! C’est difficile mais c’est possible. Quand je lis le magazine américain Relevant, qui s’auto proclame non chrétien, mais qui écrit des trucs sur la chrétienté (le rédacteur en chef est hyper chrétien, jeune cool …), je me dis mais mince on est 15 ans en arrière en France ! Et c’est un magazine lu,  la cible lit. Il est populaire, il parle de musique, du dernier album d’Alicia Keys… il est dans son temps. Et pourquoi nous, nous devrions être hors du temps ?!

Parce que les vraies questions finalement, elles sont dans le temps. Les vraies questions c’est de savoir, à 19 ans « est-ce que je couche » ou « est-ce que je couche pas ? ». Les chroniques du magazine Glamour me diront « Vas-y, vas-y couche » , alors que là je peux sauver peut-être quelqu’un de faire cette erreur là. Ou « est-ce que je me suicide ou pas ?  » Glamour n’a pas réellement de conseils pour ce genre de sujets. Le magazine te dira « vas-y fais les magasins tu vas oublier tes problèmes », alors que le vrai problème est que tu te sens seule et que t’as besoin de Dieu c’est tout. Ce genre d’initiative en France est difficile. Monter une entreprise est difficile, se proclamer chrétien c’est déjà mort ! Mais je pense que cela n’est pas impossible, c’est à nous de nous dire que nous pouvons changer les choses, si non elles ne changeront jamais. J’ai une pile de plus de 100 magazines Glamour, ils racontent tous la même chose et au final ils ne te présentent pas Dieu !

*Après ton blog, vers quels objectifs tends-tu ?

A long terme, avoir un magazine ! Je sais, c’est ambitieux !  (rires). Un magazine pour la francophonie lu, génial, sur papier glacé, lisible sur iPad.  Un GQ pour une cible bien déterminé. Bien écrit, avec de vrais journalistes. Pour moi le blog est un exercice. Je ne sais pas quand cela se fera mais cela se fera !

Merci Manda !

 

Pour l’heure on se dit à demain pour la seconde partie vidéo (eh oui!) de cette interview, qui vous présentera une autre facette et d’autres révélations au sujet de cette journaliste à suivre  !

Bye !

S

PS : j’attends vos réactions, commentaires !!! Let’s Talk !

*Son blog : http://www.dasistmanda.com

** Son Tumblr : http://www.dasistmanda.tumblr.com

*** Son Facebook : http://www.facebook.com/dasistmanda

 

5 Small Talks sur LET’S TALK WITH…Manda from Das Ist Manda Blog #1

  1. ducoeur
    10 juillet 2014 at 20 h 03 min (7 années ago)

    super sympa, l’interview!!! des nouvelles du magazine?

    Répondre
    • Sarah
      11 juillet 2014 at 0 h 26 min (7 années ago)

      Hey Ducoeur ! Merci pour l’interview, pour le magazine cela n’est pas encore le moment, mais je pense que c’est un projet qu’elle n’abandonnera pas ! A très vite ! Bisous bisous

      Répondre
  2. Sephora
    5 novembre 2013 at 23 h 44 min (7 années ago)

    Yes ! j’espère aussi

    Répondre
  3. Sephora
    3 novembre 2013 at 3 h 45 min (7 années ago)

    yes!!!!! j’aime! super intéressant! je suis partante pour l’idée du magazine! j’ai à cœur de le faire depuis déjà quelques temps. Je suis aussi d’accord que même si les magazines comme glamour ou autres apportent des conseils à un certain niveau, on attend parfois une vraie solution,et celle-là, seule Jésus la détient !

    Répondre
    • Sarah
      5 novembre 2013 at 15 h 50 min (7 années ago)

      Contente que l’interview t’ai plu Séphora ! Je t’encourage pour ton idée de magazine, peut-être aura-je l’occasion de te lire prochainement ! A bientôt !

      Répondre

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